Recueillement en memoire a Jacques mon Amour
Posté le 16.10.2007 par elliot-delphine
Malheureusement, nous n’avons pas pu acheter de fleurs pour mettre à l'eau avec les cendres le 06/10 au matin.
J’étais persuadée que je trouverai le jour même un fleuriste dans le village, mais à Tadoussac, petit village de pécheurs, il y a juste des souvenirs d'indiens, des bistrots, une école, quelques dépanneurs et restaurants... mais aucun fleuriste.
Alors dans l’après-midi, Elliot a cueillit lui même un bouquet champêtre pour son Papa, ce qui était tout aussi symbolique car il avait fait ce bouquet avec Amour.
En redescendant vers la ville de Québec, nous longions le St-Laurent et nous nous sommes arrêtés dans une petite crique.
Elliot a embrassé le bouquet, lui a dit un vœu dans sa tête et l’a jeté dans une petite embouchure où il y avait du courant, en disant "Je t'aime Papa!!"
Puis j'ai expliqué à Elliot que le courant de la mer ramènerait son joli bouquet à son Papa dans la nuit, le temps qu'il flotte jusqu'à lui.
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Posté le 16.10.2007 par elliot-delphine

Bonjour à tous,
Voici le déroulement de la petite cérémonie que nous avons fait ce Samedi 06 octobre 2007, pour rendre hommage à Jacques, tel sa volonté, de reposer dans le Saint-Laurent, proche de l’océan, avec les poissons et les baleines, en signe de paix et de tranquillité.
C’était très simple et en comité restreint.
Cette journée était ensoleillée, mais d’une luminosité claire et sereine, en rien éblouissante.
Le soleil a pris son temps pour se lever sur le Saint-Laurent et c’est vers 09H30, dans la fraîcheur matinale d’automne, dans le port de Tadoussac au Québec, que nous avons pris le large.
Sur le bateau avant le départ pour le large, les deux derniers hommes de ma vie ont été là pour moi (ainsi que ma mère qui était avec nous). Je tenais les cendres de Jacques serrées dans mes bras, tout contre moi… C'était si déchirant de savoir que quelques minutes après il serait libre à tout jamais... et non plus à moi.
Elliot a été d’un courage et d’une sérénité incroyable et déstabilisante pour moi. Je n’ai pas su contenir mes émotions et c’est mon petit bout d’homme, seulement âgé de sept ans, qui a su trouver les mots pour me consoler et me réconforter, me certifiant qu’il serait bien ici. Il ma regardé de ses grands yeux bleus, mouillés de petites larmes qu’il n’osait laisser s’échapper, et me serra fort dans ses bras.
Il a lu à haute voix la lettre qu’il avait écrite à son Papa la veille au soir.
C’était à ce moment là, la veille, qu’il avait laissé couler ses larmes et évacué sa grosse peine.
Pétrifiée et affolée de savoir que dans les minutes qui allaient suivre, les cendres de mon époux allaient s’envoler et partir dans l’eau, j’ai été incapable de lire la mienne, écrite aussi la veille au soir, une fois le petit couché. J’espère que Jacques saura d’une certaine façon ce que je voulais lui dire et combien il nous manque. Je m’en veux aujourd’hui de ne pas avoir pu trouver la force et le courage.
Puis le moment crucial est vite arrivé. C’est mon Père qui a eu la charge de lui rendre sa liberté.
Terrible et magnifique sont pourtant deux mots tant opposés mais correspondant tout à fait à quoi ressemblait ce lâché de cendres dans l’air et l’eau, les deux éléments principaux à la vie…
Terrible et déchirant, car ça y’était, la vrai séparation finale et définitive était là…C’était FINI…
Magnifique, car les cendres ont fait une poussière grise étincelante et argentée, due à la réverbération du soleil sur l’eau.
Puis, moment de silence intense… tous anéantis et bouleversés par cet instant vécu.
Mon père a ensuite lu un poème que deux de mes tantes (des sœurs à ma mère) avaient écris pour moi.
Il fallait y aller maintenant…
Nous lui avons dit au revoir et nous le laissions alors, se reposer en paix.
L’émotion était à son comble et le capitaine du bateau nous a adresser toutes ses sympathie. Puis il a ensuite redémarré les moteurs, a fait quelques virages pour retrouver son cap en direction de la visite prévue pour le reste des passagers et nous même.
A notre grande surprise, comme un signe, une baleine à surgis de l’eau, tout proche de l’embarcation, à quelques mètres de nous et nous a suivi en faisant encore 3 ou 4 sauts.
Puis elle a pris une grande respiration, a plongé vers le fond… pour nous dire tout simplement elle aussi……..
« ADIEU…. »
Posté le 09.10.2006 par elliot-delphine

Bonjour à tous,
Ce Samedi 07 Octobre 2006, avec le "Service Long Courrier" ou travaillait Jacques et différents collègues d’autres services, nous sommes tous allés sur les lieux de l'accident, sur la Nationale 2, à l'endroit exact ou Jacques à donner son dernier souffle de vie.
Un mois et quelques jours après, il y avait encore du sable sur le bord de cette route, pour camoufler l'accident.
J'avais un besoin terrible de marquer cet endroit à tout jamais, pour ne jamais oublier que l'homme de ma vie m'a quitté ici, sur le bord de cette route.
Jacques étant très bricoleur et surtout métallier/soudeur de métier d’origine, avait en stock dans le garage pour le « on ne sait jamais, au cas où », des tas de ferrailles, un joli poteau, un poste à souder et du petit bazar…
J’en ai donc profité pour demander à un de ses amis (lui aussi métallier/soudeur d’origine), de venir me souder des morceaux de ferrailles ensemble et de me fabriquer un joli poteau avec support en ferraille.
J’ai fait faire en plastique (comme une plaque d’immatriculation – pour que cela résiste aux intempéries) une plaque avec son nom, prénom et dates.
J’ai également commandé avec la participation financière de ses collègues, une superbe gerbe de fleurs en plastiques (aussi pour les intempéries), que nous avons fixée au poteau.
Nous avons donc tous participé à cet événement, chacun faisant quelque chose.
Plusieurs se sont mis à creuser le trou, dont Elliot en premier pour inaugurer et rendre hommage à son Papa.
Puis nous avons fixé avec des rivets pops la plaque en plastique sur le support en ferrailles et nous y avons ensuite accroché la gerbe et planté d’autres fleurs dans le sol.
Dans quelques temps, je vais également faire faire une photo portrait de Jacques dans le même style que la plaque en plastique, que je rajouterais sur le haut du poteau.
C’était très émouvant et cela me permet d’avoir un endroit ou aller pour me recueillir et retourner à l’endroit exact ou Jacques nous a quitté.
Je remercie encore tous ses collègues pour leur participation et leur soutient dans cette idée.
Je les remercie tous pour ce dernier hommage qu’ils ont rendu à Jacques.
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